ZOOM SUR LA COSMÉTIQUE CONVENTIONNELLE

La cosmétique conventionnelle

Plus de 80% des produits cosmétiques existant aujourd’hui sur le marché sont issus de la chimie de synthèse et de la pétrochimie, et font l’objet de tests bactériologiques et d’innocuité toxicologique. Alors aucun risque me direz-vous ? Et pourtant ! La dermatologie connaît un nombre grandissant d’allergie de contact et de réactions cutanées ; certains composants comme les parabens ou les sels d’aluminium sont soupçonnés d’être cancérigènes dans le cadre d’un usage quotidien à plus ou moins long terme ; et que dire de la pollution engendrée par les ingrédients issus de la pétrochimie que nous appliquons quotidiennement sur notre peau ?

Nous vous proposons dans cet article[1] de nous pencher sur l’impact des cosmétiques conventionnels sur la santé et l’environnement.

  1. Que contiennent les cosmétiques conventionnels ?

Comparons la cosmétique conventionnelle et la cosmétique naturelle

Comparons la cosmétique conventionnelle et la cosmétique naturelle

La plupart des cosmétiques sont formulés comme une mayonnaise : de l’eau, de l’huile et un émulsifiant !

  • La phase aqueuse du produit contient de l’eau, distillée ou non, de l’alcool, de l’eau florale ou du des jus de fruits ou de plantes qui allègent la texture du produit. L’eau reste toutefois l’ingrédient le plus présent dans la cosmétique conventionnelle.
  • La phase huileuse comprend des corps gras qui stabilisent la formule et la rendent plus hydratante ou occlusive. Dans la cosmétique conventionnelle, on retrouve surtout des huiles minérales dérivées de la pétrochimie, des alcools gras ou des substances de synthèses. Les huiles végétales naturelles se retrouvent plutôt dans la cosmétique naturelle.
  • Les émulsifiants permettent de mélanger les deux phases. On les appelle aussi parfois « tensioactifs » et leur origine est souvent chimique. Ils sont souvent irritants et peu écologiques à l’inverse de ceux utilisés dans la cosmétique naturelle : cire d’abeille, cires végétales, dérivés de noix de coco, de betterave…
  • Les conservateurs ont pour but d’éviter la prolifération des bactéries si de l’eau est présente dans le produit. Un grand débat entoure la qualité des conservateurs chimiques et synthétiques, comme les parabens par exemple ; et le débat fait rage pour l’alcool et certaines huiles essentielles, même dans la cosmétique naturelle, car considérés comme irritants et allergènes. Opter pour des cosmétiques sans phase aqueuse est une solution préconisée par la Slow Cosmétique qui permet d’éviter de s’exposer à des conservateurs agressifs, car les bactéries ne peuvent y vivre. Il s’agit ici de traiter uniquement l’oxydation du produit avec de la vitamine E par exemple.
  • Les principes actifs : Les fameux quelques % du produit dans la cosmétique conventionnelle qui se retrouvent souvent en fin de la liste des ingrédients de votre crème car présents en infime quantité  !!! Et pourtant, les feux des projecteurs sont mis sur eux !!!
  • Les parfums. De synthèse dans la cosmétique conventionnelle (fragrance), ils permettent de masquer les odeurs des ingrédients issus de la chimie, et sont un critère d’achat du produit auprès des consommateurs. Mais le problème est qu’ils sont souvent allergisants.

Pour s’y retrouver dans ces ingrédients, il faut savoir décoder la liste INCI : International Nomenclature of Cosmetic Ingredients. Vous trouverez sur l’emballage de votre produit la liste des ingrédients de la formule dans l’ordre décroissant. Toutefois, quand l’ingrédient est dosé à moins de 1%, on peut en modifier la place dans la liste…Et marketing oblige, on placera volontairement donc un principe actif comme un extrait naturel de lavande (lavande extract) dosé à 0,03% devant des conservateurs dosés à 0,9% par exemple!

  1. De quels produits devons-nous nous méfier?

huile-minerale

  • Les Huiles Minérales: Ces corps inertes sont obtenus par distillation de la houille, du pétrole ou de certains schistes (roches). Elles servent dans l’industrie comme lubrifiants mécaniques ou huiles de moteurs ! En cosmétique, elles sont traitées pour les rendre stables, incolores et inodores et sont utilisées pour leur effet occlusif qui limite les pertes en eau. Toutefois, elles n’apportent rien à la peau et issues de la pétrochimie, elles sont extrêmement polluantes. Donc lorsque vous lirez « Parraffinum Liquidum, mineral oil, cera microcristallina, petrolatum »…. Méfiez-vous ! Regarder juste la composition de votre Baby Oil que vous passez tous les jours sur les fesses de bébé… inquiétant non ?!
  • Les Alcools gras et Solvants: Utilisés pour donner du corps à la formule et l’émulsionner, ils sont tout aussi inutiles et polluant que les huiles minérales, voir irritants pour certains. Alors si vous lisez methyl-propyl ou caprylyl- alcohol, hexadecanol, alcool cétylique, alcool stéarylique, Propylène glycol (PPG)…Fuyez !
  • Les Silicones servent à donner une texture lisse à une crème, un fond de teint…Ce sont des matières plastiques très présentes dans la coiffure et le maquillage et sont en général bien tolérées même si elles n’apportent rien à la peau. Toutefois, leur bilan écologique est désastreux car les silicones mettent des centaines d’années à se dégrader…Or ils foisonnent dans l’eau de notre douche chaque jour du fait de leur utilisation massive dans nos shampoings et après-shampoings ! Vous les reconnaitrez sous le nom dimethicone, cyclohexasiloxane… Simple « agent de texture » et très polluant, leur utilité reste à prouver en cosmétique.
  • Les Polymères. Ces matières plastiques confèrent une texture « velours » au produit fini. Là encore, aucune affinité avec la peau, juste un « petit plus » dans la texture du produit obtenus par des procédés chimiques lourds. La fabrication de ces ingrédients cosmétique implique l’utilisation d’un gaz toxique et réputé cancérigène : l’oxyde d’éthylène. Certes inoffensifs une fois purifiés, ils restent très peu biodégradables. Vous reconnaîtrez ici le polyéthylène glycol (PEG) ou le polypropylène glycol (PPG). Parmi les autres composés éthoxylés, notez le sodium laureth sulfate (SLES) omniprésent dans les shampoings, les polysorbates, quats présents dans les gels douches.
  • Les Emulsifiants: Les alcools gras, acides gras, les hydrolysats de collagène ou de protéine, le PEG, permettent le mélange de la phase aqueuse et huileuse du produit, ils sont d’origine synthétique dans la cosmétique conventionnelle alors qu’il n’est pas utile d’avoir recours à des émulsifiants chimiques ; la cosmétologie naturelle le prouve. Les émulsifiants SLS (Sodium Laureth Sulfate ou Sodium Lauryl Sulfate) sont quant à eux des tensioactifs que l’on retrouve dans beaucoup de gels douches et shampooings. Malgré qu’ils soient très agressifs pour la peau et très polluants, on les retrouve massivement car le consommateur aime que ça mousse sous la douche ! Or la mousse, si elle apporte du plaisir à l’utilisation, n’est en aucun cas un critère d’efficacité du produit !
  • Les Conservateurs: Les plus fréquemment employés dans la cosmétique conventionnelle sont l’alcool (alcohol), les parabens (methylparaben, ethylparaben, propylparaben…), l’EDTA et les Quats (Quaternium-15, Quaternium-18, polyquaternium-10…) Leurs propriétés antibactériennes et antifongiques sont utilisées pour la conservation des produits. Toutefois, les parabens ont été montrés du doigt et décriés comme allergènes, cancérigènes ou encore mutagènes. Prudence donc !
  • Les Sels d’Aluminium: Utilisés comme agents antitranspirants dans certains déodorants. Là aussi, la controverse sur le pouvoir pénétrant dans l’organisme et leur impact sur le système nerveux et endocrinien appelle de la part du consommateur à la plus grande prudence !
  • Les Parfums: Les parfums de synthèse utilisés dans la cosmétique conventionnelle ont un rôle déterminant dans l’acte d’achat du consommateur qui porte toujours le produit à son nez en premier ! Toutefois, un grand nombre de parfums font partis des substances allergènes que l’on retrouve dans la liste officielle des allergènes établie par la règlementation européenne relative aux cosmétiques. (alpha-Isomethyl Ionone, Amyl Cinnamal, Anise, Eugenol…)
  • Les Colorants: Très utilisés dans les teintures, vernis ou encore produits de maquillage, la directive européenne sur les cosmétiques a dressé une liste précise des colorants autorisés du fait de leur fort potentiel allergène. Certains colorants chimiques sont soupçonnés d’être cancérigènes et de jouer un rôle néfaste sur l’appareil reproducteur humain. Vous les retrouverez dans la liste d’ingrédients de vos produits sous l’appellation suivante : Cl + un nombre à 5 chiffres. Il existe aussi des colorants naturels d’origine végétale (betterave, bleu de Prusse), minérale (kaolin, mica, titane…) et animales, ces derniers étant vivement critiqués par les écologistes et défenseurs des droits des animaux. C’est le cas par exemple du rouge carmin Cl 75470 issu des femelles cochenilles que l’on tue pour récupérer un pigment rouge très présent dans les rouges à lèvres. Les tests sur les animaux reste encore malheureusement monnaie courante aujourd’hui. 11,5 millions d’animaux sont morts dans les laboratoires en Europe en 2011 malgré la baisse annoncée par la règlementation européenne de 2009 sur les cosmétiques portant sur l’interdiction progressive des tests sur les animaux. Seuls les ingrédients destinés à la cosmétique sont concernés par la règlementation, alors que beaucoup de substances utilisées dans d’autres sphères d’activités, mais également en cosmétique, peuvent théoriquement toujours être testés sur les animaux. Il existe pourtant des méthodes alternatives efficaces qui peuvent remplacer ces tests très discutables aussi bien au niveau éthique que dans la pertinence des résultats[2].
  • Les Actifs Cosmétiques: Les « stars » de la vente, pourtant présents en infime quantité dans le produit final ! Dans la cosmétique conventionnelle, ce sont en général des actifs synthétiques ou brevetés testés in vitro sur des cellules cutanées, elles-mêmes parfois synthétiques. Leur coût de développement en laboratoire est énorme et représente le cheval de bataille de nombreuses marques leader qui veulent innover et se distinguer par tel ou tel principe actif. Dans la cosmétique naturelle, les principes actifs sont extraits des plantes (huile, poudre, décoction) comme l’huile d’argan, l’eau florale de lavande…En fait, ce qui est considéré comme un actifs cosmétique par la cosmétique conventionnelle, mais présent en infime quantité, est un ingrédient principal dans la cosmétique naturelle ! Cherchez l’erreur !
  1. Quel geste beauté adopter?

Vous saurez désormais distinguer les produits issus de la cosmétique conventionnelle de ceux issus de la cosmétique naturelle, voir BIO (dans ce dernier cas, le produit porte un label BIO comme ECOCERT, COSMEBIO…). Ne vous faites pas avoir par le marketing des cosmétiques conventionnels : les termes « naturel » ou «  extrait naturel de » par exemple n’empêche pas la présence de matières dérivés de pétrochimie, de matières inertes, de conservateurs, de parfum…C’est sûr que c’est plus vendeur d’annoncer un gel douche à l’extrait de rose, même si il s’agit de 0,04% d’extrait de rose synthétique dans le produit fini, plutôt qu’un gel douche aux dérivés de pétrole !!!

Lisez les étiquettes et décryptez la liste INCI, et référez-vous à l’incontournable ouvrage de Rita Stiens, La Vérité sur les cosmétiques[3] pour vous y retrouver dans cette terminologie barbare !

SLOW COSMETIQUEDans le cadre d’une démarche écologique et éthique fondée sur une volonté de promouvoir un mode de consommation naturel, sain et raisonnable de la cosmétique, nous avons adopté la Slow Cosmétique dans notre Green Zone ! Si nous avions déjà consacré un article sur ce thème, nous souhaitons aujourd’hui vous faire vivre la Slow Cosmétique et ce sera le thème de notre prochain Atelier Healthy le samedi 29 août!

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Car à Tahiti aussi avons la chance de pouvoir apprendre à fabriquer nous-mêmes nos cosmétiques naturels grâce à To’u Cosmetik. Quoi de plus naturel en effet que de fabriquer soi-même ses cosmétiques? Et pourquoi s’en priver ?

Alors nos adhérents ont RDV le samedi 29 août à Red Zone pour revisiter leur façon de concevoir la cosmétique! Attention, les places sont limitées ! Réservations et inscriptions à l’accueil de Red Zone.

A bientôt !

[1] L’article se réfère à l’excellent ouvrage de Kaibeck Julien, Adoptez la Slow Cosmétique, Paris, Editions Quotidien Malin, 2012

[2] Consultez l’article suivant à ce sujet : http://www.parismatch.com/Actu/Societe/Experimentation-animale-une-barbarie-injustifiee-animaux-cobayes-749126

[3] Stiens Rita, La Vérité sur les cosmétiques, Paris, Editions LPM, 2001, 2012

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