A LITTLE POISON IS HEALTHY !

« Tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort ». Cette célèbre citation de Nietzsche m’interpelle régulièrement dans le milieu sportif et j’ai voulu creuser cette thématique. Les ressources inépuisables du corps humain m’intriguent et sont à mon sens un facteur déterminant de la performance sportive. Je me suis ainsi penchée sur des ouvrages explorant le mental pour sonder le potentiel extraordinaire de certains humains qui poussent leurs corps au-delà des limites. Au fil de mes lectures sont apparus les noms de Wim Hof, Laird Hamilton ou encore Scott Keneally et le fameux adage : « A little poison is Healthy! »

Wim Hof, connu sous le nom de Iceman, a la capacité de réguler sa température corporelle dans des situations de froid extrême. C’est ainsi qu’en 2002, il reste 6’20 en apnée sous la glace polaire et qu’en 2007, il participe à un semi-marathon sur le cercle polaire en short et pieds nus !

Laird Hamilton quant à lui est bien connu pour ses exploits en surf (notamment à Teahupo’o en 2000), et son programme d’entraînement basé sur des techniques de respiration (Bootcamp XPT Extreme Pool Training).

Enfin, Scott Keneally, réalisateur du film Rise of Sufferfests, s’interroge sur le phénomène des courses d’obstacles (Spartan Race, Tough Mudder, Warrior Dash…) et les raisons qui poussent des millions de personnes (5 millions en 2016 !) à payer pour souffrir sur ce type d’évènements ! L’attrait de la souffrance temporaire attire en effet de plus en plus de monde dans une société aseptisée. Tenir jusqu’au bout, repousser ses limites, se sentir vivant…tels sont les défis physiques et psychologiques que viennent relever les participants à l’industrie de la course d’obstacle qui génère un chiffre d’affaire de 326 millions de dollars chaque année !

Ces trois personnalités m’ont intrigué et j’ai encore voulu creuser le sujet. J’en ai parlé à mon frère qui m’a guidé vers la loi de l’hormèse. Nous connaissons l’homéostasie qui ramène tout organisme à son état optimal. La loi de l’hormèse permet quant à elle de bâtir un organisme plus fort chaque jour en le soumettant à un niveau de stress ne dépassant pas sa capacité adaptative. Le principe : « c’est la dose qui fait le poison ». L’hormèse désigne ainsi une réponse de stimulation des défenses biologiques, généralement favorable, à des expositions de faibles doses de toxines ou d’autres agents ou phénomènes générateurs de stress (pic température par exemple). À cause de ce mécanisme, certains toxiques naturels ou agents polluants peuvent avoir un effet opposé suivant que la dose reçue est faible ou forte. Ainsi, une petite dose de ce que l’on peut considérer naturellement comme un poison peut avoir des effets positifs.

Dans une société aseptisée où le mot confort règne en maître et est amplifié par la pensée positive, il n’est pas étonnant de voir le phénomène inverse progresser. Des millions de personnes veulent se reconnecter à un corps abruti par la malbouffe et la sédentarité, sortir d’un train de vie formaté dans une société ultra connectée où, finalement, nous n’avons jamais été autant déconnecté de nous-même, des autres et de notre environnement. Un des moyens prôné par la loi de l’hormèse est le processus de « renforcement » de l’organisme par l’exposition progressive et la répétition.

Prenons l’exemple du jeune ou de l’exposition au froid. Le meilleur moyen de renforcer l’organisme est de l’exposer. Ainsi, pratiquer le jeune à une dose adaptée, ou s’exposer au froid, au chaud nous permet de devenir plus forts car ce qui ne dépasse pas notre capacité adaptative nous renforce.

« A little poison is healthy ! »

A creuser pour sortir de notre zone de confort !

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