LA FACE CACHÉE DU LAIT – Tome 4

Dernier épisode cette semaine de notre saga sur le lait ! Et nous terminons par les affinités entretenues entre le Lait et les Cancers; et une petite analyse critique de la fameuse recommandation de consommer  3 à 4 laitages par jour.

LAIT ET CANCERS

Avec son étude sur l’aflatoxine[1], T.Colin Campbell a mis en évidence que les protéines issues du lait de vache (caséine en grande partie) pouvaient favoriser le développement des tumeurs. Quand un être humain boit du lait, il ingère du même coup des substances destinées à la croissance du veau, comme l’IGF-1 (insulin-like growth factor-1), facteur de croissance qui conduit les cellules à se multiplier…. Mais pas que les cellules saines.

Un peu d’histoire sur cette IGF-1 controversée. Souhaitant l’autorisation de commercialiser de la viande et du lait de vache ayant reçu de l’hormone de croissance semi-synthétique pour leur faire produire plus de lait, l’industrie laitière s’appuyait déjà sur la position défendue bec et ongles en 1989 par la société Monsanto qui affirmait que l’IGF-1 recombiné d’un aliment n’est jamais absorbé. La FDA (Food and Drug Administration) autorise l’usage de l’hormone de croissance dans le bétail qui est donc autorisée aux Etats-Unis dès 1993. Cette affaire ouvre la voie sur une question que l’on ne s’était jamais posée jusqu’alors : L’IFG-1 du lait de vache est-il absorbé ? L’industrie laitière et Monsanto montent au créneau : L’IGF-1 de la vache, naturel ou recombiné ne passe pas dans le sang. Oui mais ! Des études japonaises et danoises ont depuis largement démontré le contraire ! Des chercheurs danois ont analysé le taux d’IGF-1 chez 90 enfants âgés de 2,5 ans en moyenne. Ceux qui consommaient le plus de lait avaient les taux d’IGF-1 les plus élevés. Alors certes, cela favorise la croissance, mais aussi la croissance… De cellules cancéreuses. De là découlent des études sur le lien entre lait et cancers. Et bingo ! D’après plusieurs recherches, les pays où l’on consomme le plus de lait sont ceux dont la mortalité par cancer de la prostate est la plus élevée[2]. Pourtant, au même moment (septembre 2003), les responsables du Programme national nutrition santé (PNNS) et les nutritionnistes de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) publient un ouvrage Alimentation nutrition et cancer conseillant la consommation de 3 à 4 laitages/jour. Petite précision : cet ouvrage a été rédigé sous la direction du patron du PNNS, un médecin proche de l’industrie laitière…

En 1994, le Dr Serge Hercberg, lance une étude baptisée SU.VI.MAX dont l’objectif est de tester l’hypothèse selon laquelle une alimentation riche en antioxydants peut prévenir cancers et maladies cardiovasculaires. L’étude a suivi pendant 8 ans 13017 hommes et femmes. Les résultats publiés en mars 2006 dans le British Journal of Nutrition sont cruels pour ceux qui finançaient l’étude (Candia, Danone, Centre d’Information de l’industrie laitière) : les chercheurs ont observé un risque accru de cancer de la prostate chez les hommes qui consommaient le plus de laitages. Largement commentés en Grande-Bretagne et aux États-Unis, les résultats de cette étude ne seront publiés en France que sur le site Lanutrition.fr. Rien qu’en 2007, six autres études arrivent aux mêmes conclusions et en 2008, l’étude européenne EPIC menée pendant 9 ans sur 142 251 Européens confirme encore que la consommation de laitage augmente le risque de cancer de la prostate.

Hormis la prostate, les laitages sont incriminés également dans les cancers du sein, des ovaires et testicules. En 1990, les chercheurs d’Harvard ont rapporté que les femmes qui boivent le plus de lait ont un risque accru de cancer des ovaires, conclusion réitérée en 2004 par le Karolinska Institute de Stockholm. Toutefois, l’étude européenne EPIC de 2007 portant sur 325 000 Européennes tempère ces conclusions et modère le lien entre laitages et cancer des ovaires. Quant au cancer des testicules, des études menées en Chine et au Canada en 2003 révèlent qu’il serait lié à une grande consommation de fromages. Cela pourrait être dû à la présence importante d’hormones femelles (œstrogènes) dans les laitages car les vaches sont aujourd’hui traites pendant leur gestation.

ET LES 3 à 4 LAITAGES RECOMMANDES PAR JOUR ALORS ?

Les apports conseillers en calcium en France sont de 1200 mg/j pour les adolescents, 900 mg/jour pour les adultes, et 1200 mg/jour pour les femmes de plus de 55 ans et les hommes de plus de 65 ans. Oui mais encore un mais !!! Ces chiffres avancés ne font pas l’unanimité par manque d’études sur le long terme sur les réels besoins en calcium. Les chiffres des besoins physiologiques en calcium d’un adulte varient par exemple de 700 mg en Grande-Bretagne contre 1000 mg aux États-Unis. Or il semblerait qu’avec des apports de l’ordre de 344 mg de calcium/ jour, les populations d’Afrique, d’Asie, et d’Amérique latine soient mieux préserver des fractures du col du fémur et de l’ostéoporose…. Le fameux « paradoxe du calcium » dont nous avons déjà parlé. Par rapport aux laits artificiels, le lait maternel contient environ deux fois moins de calcium ; et ceci semble n’avoir pas trop mal réussi à l’espèce humaine qui ne connaît des problèmes d’ostéoporose à si large échelle que depuis peu…Il faut dire que depuis quelques décennies, la surconsommation de produits laitiers, céréales, viandes, sel et produits raffinés et le recul de la consommation de fruits et légumes entraînent une acidose chronique chez l’être humain, favorable à l’ostéoporose. En effet, cette alimentation acidifiante fait que le corps puise dans les os les substances alcalinisantes pour neutraliser cette charge acide. Et les os contiennent justement des citrates de calcium et des bicarbonates de calcium connus pour leur effet tampon. Donc plus on ingurgite des aliments acides comme les protéines animales et les laitages, plus on favorise la déminéralisation osseuse. L’acidose chronique tend ainsi à « dissoudre » les os par élimination du contenu minéral osseux.

Alors peut-être serait-il judicieux de revoir les chiffres des apports quotidiens de calcium à la baisse…. Et revoir notre alimentation en réduisant les protéines animales, les laitages et le sel qui font fuir le calcium, plutôt que d’en accroître l’apport inutilement ? Par exemple, si l’on mange 40 g de protéines animales en moins, y compris les laitages, on peut espérer réduire de 40 mg les pertes en calcium, ce qui diminue les besoins en calcium de 200 à 250 mg environ. Parce que lorsque l’on multiplie par deux la consommation de protéines animales (de 35 à 78 g/jour), le calcium éliminé dans les urines augmente de 50%. Et on peut aussi introduire plus de fruits et légumes alcalinisants qui réduisent aussi les besoins en calcium. Nous pouvons aussi revoir nos sources de calcium : les légumes et les fruits en regorgent, notamment les crucifères (choux, brocolis) et leur calcium est particulièrement bien assimilé (de 40 à 60%). Les fruits renferment 40 à 200mg pour 100g, ce qui en fait aussi une source intéressante. L’eau est aussi une source non négligeable de calcium, d’autant plus qu’il est très bien assimilé. Quant aux aliments d’origine animale, ils apportent peu de calcium, hormis les sardines, à condition de les consommer avec leurs arêtes.

calcium

Pour comparaison, un verre de lait (240g) = 300 mg de calcium dont 32% est absorbé, soit moins de 100 mg de calcium net. Il faut consommer moins d’une portion (0,7) de chou chinois, ou encore 2 verres et demi d’une eau comme Hépar pour obtenir la même quantité de calcium. Si dans une journée, vous buvez 1 litre d’eau minérale calcique, consommez une portion de sardines et une portion de chou chinois, vous obtenez 900 mg de calcium hautement disponible… Sans aucun laitage !

Et vous avez pensé au potassium ?! Il participe en effet à l’équilibre acide-base et participe donc au maintien de la densité osseuse. Des suppléments de bicarbonate de potassium freinent par exemple la fuite de calcium dans les urines et permet de préserver ainsi le calcium des os. A l’inverse, le chlorure de sodium favorise la fuite de calcium. Or aujourd’hui, nous consommons 2 à 2,5 g de potassium et 8 à 10 g de chlorure de sodium. Aie, là aussi ça coince ! Réduire l’apport en sel dans l’alimentation est indispensable pour sa santé, y compris sa santé osseuse!

Attention également aux régimes riches en protéines (surtout animales, laitages et céréales) qui augmentent les pertes de calcium. Chaque gramme de protéine supplémentaire nécessite d’absorber 5 à 6 mg de calcium en plus pour compenser les pertes. Privilégiez plutôt les protéines végétales issues des légumes, légumes secs, tubercules, fruits, oléagineux…

Pour préserver sa santé osseuse, n’hésitez pas à consulter l’ouvrage La meilleure façon de manger[3] et notamment la fameuse pyramide MFM ci-dessous :

pyramide-mfm

Il existe donc bel et bien des alternatives aux laitages pour l’apport de calcium, et surtout, des alternatives plus saines pour notre santé !

En espérant que ces articles sur le lait vous auront permis de prendre conscience de la grande supercherie qu’est le matraquage sur les produits laitiers.

Car OUI, sans laitage, la vie est possible. NON, le lait animal n’est pas la meilleure source de calcium. NON le lait ne permet pas de lutter contre l’ostéoporose…Bien au contraire… Et NON le lait n’est pas indispensable à la croissance de nos chers enfants et à leur santé. Pensez-y au prochain petit déjeuner corn-flakes – céréales – Lait !

A bientôt dans Green Zone Tahiti pour une santé préservée 🙂

 

[1] Se référer à L’Enquête Campbell

[2] Recherches menées à l’OMS, 1986 – à Harvard en 1997, Word Cancer Research Fund et American Institute for Cancer Research, 1997 – Centre International de recherche sur le Cancer (Lyon) 2002 – Institut américain pour la recherche sur le cancer 2002 – Etudes japonaise, 2004 – NIH (National Institutes of Health) 2005 –

[3] Houlbert Angélique (dirigé par), La meilleure façon de manger, Thierry Souccar Editions, Vergèze, 2008.

Crédit Photo Couverture: la-maison-du-cancer.com

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