LA FACE CACHÉE DU LAIT – Tome 3

3ème épisode de notre Saga sur le lait ! Après nous être penché sur la propagande autour du lait menée par l’industrie laitière, puis sur le lien entre lait et ostéoporose, nous allons aujourd’hui nous intéresser à l’association Marketing LAIT et MINCEUR…Ou comment on nous faire croire qu’en consommant des produits laitiers on maigrit !!!

LAIT ET MINCEUR

Laitage + calcium = minceur…Voici le nouveau créneau lucratif de l’industrie laitière qui remonte à 2003! En 2005, Nestlé lance Sveltesse secret pour la ligne, un yaourt enrichi en calcium tout comme Yoplait lance Câlin, un fromage blanc lui aussi enrichi en calcium. Des campagnes publicitaires ont soutenu «  que des études récentes montrent qu’un apport plus important en calcium laitier aide les personnes en surpoids à mieux contrôler leur ligne ». Même adage chez Yoplait aux Etats-Unis « des recherches récentes montrent que les laitages comme Yoplait, peuvent nous aider à brûler plus de graisses et perdre plus de poids qu’en réduisant seulement les calories. » Mais d’où viennent ces études ? Trois études menées auprès de 60 personnes par Mickael Zemel; c’est sur la base de cet échantillonnage que l’industrie laitière a tenté il y a deux ans d’obtenir de la FDA (Food and Drug Administration) des États-Unis qu’elle encourage la population américaine à boire du lait et à manger des laitages « dans le but de perdre du poids ». La non-représentativité de l’échantillonnage (60 personnes seulement) a conduit à une réponse négative… mais cela n’a pas empêché de s’y référer pour le matraquage publicitaire. Et pourtant, les laitages ne font pas maigrir ! Sur 47 études cliniques et épidémiologiques portant sur la relation entre calcium ou calcium laitier et poids corporels, seules 5 études, dont 3 payées par l’agro-business laitier, ont conclu qu’en mangeant plus de laitages on perd du poids. Notons tout de même que Michael Zemel, l’auteur de ces 3 fameuses études, détient un brevet déclarant disposer des droits de propriété intellectuelle sur une méthode pour maigrir en mangeant des laitages ! Et surtout que l’industrie laitière a acquis les droits exclusifs de « commercialiser » cette allégation, ce qui signifie que Zemel est financièrement intéressé à ces campagnes promotionnelles…

Oui, mais moi je bois du lait écrémé, donc du lait sans graisse ! Dans nos pays occidentaux, les laitages sont les premiers pourvoyeurs de graisses totales et de graisses saturées. Alors pour éviter les graisses présentes dans le lait, la promotion des laitages écrémés. Super ! Mais il faut savoir que la graisse enlevée à votre lait écrémé est recyclé dans le circuit alimentaire sous forme de crème, de fromages, de glaces…Et ça, vous le consommez non ? Certainement puisque rien qu’en France la consommation de fromages est passé de 5kg à 30 kg/pers/an entre 1050 et 2007…Une augmentation de 500% !!! Apparemment, ce qui est perdu d’un côté est rattrapé de l’autre ! D’autre part, il faut savoir que les laitages sont une source majeure d’acides gras trans[1] qui augmentent fortement le risque de maladie cardio-vasculaire. Aie ! Et acides gras trans industriels ou laitiers…Même conséquence pour la santé !

milk Coke

LAIT ET DIABÈTE DE TYPE 1

15 pays se sont associés pour lancer en mai 2002 une étude internationale dont l’objectif est de vérifier si les enfants qui sont exposés trop tôt aux protéines de vache ont un risque plus élevé que les autres de développer un diabète insulino-dépendant appelé Diabète de type 1. C’est une maladie incurable de l’enfant au cours de laquelle le système immunitaire détruit les cellules β du pancréas qui fabriquent l’insuline. C’est une maladie auto-immune. L’étude TRIGR[2], financée en partie par l’Union Européenne, va suivre jusqu’en 2017 plus de 2000 enfants à risque élevé de diabète de type 1. Pourquoi lancer une étude d’une telle envergure qui suspecte le lait de vache ? Il faut savoir que les protéines de lait de vache sont l’un des antigènes les plus puissants de l’alimentation humaine, c’est-à-dire qu’elles sont les molécules étrangères qui déclenchent la réponse la plus marquée du système immunitaire. Dès que notre organisme est en contact avec des protéines de lait de vache, il produit des anticorps dirigés contre ces protéines. Et coïncidence, les taux de ces anticorps sont les plus élevés dans le diabète de type 1, mais aussi dans les maladies intestinales inflammatoires, la maladie cœliaque, l’eczéma… De plus, les pays dans lesquels on consomme le plus de lait de vache sont les plus touchés par l’épidémie. Les résultats de TRIGR à venir sont donc à surveiller étroitement.

TRIGR

Dans tous les cas, des études[3] montrent déjà que les laitages interviennent dans le syndrome X ou syndrome métabolique qui se manifeste par une obésité abdominale et prédispose aux maladies cardio-vasculaires et au diabète. Certes l’IG (Index Glycémique) des laitages est bas (compris entre 15 et 30) ; le sucre sanguin ne s’élève donc pas beaucoup après la consommation de lait. Mais ils apportent des graisses saturées qui favorisent la résistance à l’insuline et les études montrent que paradoxalement, malgré cet IG bas, le lait fait monter considérablement le taux d’insuline. Le lait fait donc partie des rares aliments qui sous un IG bas, cachent une réponse insulinique anormalement élevée.

Une expérience intéressante peut être citée ici. Du pain blanc (IG élevé) a été donné à des volontaires soit avec de l’eau (400ml), soit avec du lait (200 à 400 ml). Pas de surprise : la glycémie des volontaires a augmenté comme prévu et l’addition de lait n’a rien changé à l’affaire. En revanche, côté insuline, c’est la surprise. Le niveau d’insuline, déjà élevé avec la collation pain + eau a augmenté de 65% lorsque le pain était consommé avec du lait ! Une autre expérience a été menée avec cette fois-ci une assiette de pâtes additionnée à de l’eau ou du lait : Le niveau d’insuline a explosé +300% pour les pâtes prises avec du lait par rapport au même plat pris avec de l’eau. Les conséquences métaboliques à plus ou moins long terme emmènent à réflexion.

 

RDV la semaine prochaine pour notre dernier épisode sur le Lait où l’on abordera le délicat lien entre Lait et Cancers.

Alors restez connectés!

A bientôt!

[1] Acide Gras Trans : Ils forment une catégorie d’Acides Gras Insaturés (AGI), dont la double liaison carbonique est en configuration « trans ». En d’autres termes, les atomes d’hydrogène ne sont pas du même côté de la molécule. Cette configuration existe dans la nature (acides gras trans naturels) mais elle résulte plus souvent d’un procédé industriel visant à augmenter l’espérance de vie des huiles végétales (acides gras trans synthétiques). Les acides gras trans sont présents dans de nombreuses préparations de l’industrie alimentaire : plats préparés, bonbons, céréales du petit-déjeuner, etc. En trop grande quantité, ils augmentent les risques de maladies cardiovasculaires.

[2] TRIGR : Trial to Reduce IDDM in the Genetically at Risk. Site : http://www.trigr.org/about.html

[3] Pour aller plus loin dans l’analyse des diverses études effectuées à ce sujet, n’hésitez pas à consulter l’ouvrage Lait, Mensonge et Propagande de Thierry Souccar qui les recense.

Crédit photo Couverture : mirror.co.uk

One Response to LA FACE CACHÉE DU LAIT – Tome 3

  1. […]  » Il faut savoir que les protéines de lait de vache sont l’un des antigènes les plus puissants de l’alimentation humaine. C’est-à-dire qu’elles déclenchent la réaction la plus marquée du système immunitaire. Dès que notre organisme est en contact avec des protéines de lait de vache, il produit des anticorps dirigés contre ces protéines. » 1 […]

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