LA FACE CACHÉE DU LAIT – Tome 2

Nous avions abordé la semaine dernière la propagande menée par l’industrie laitière afin de promouvoir la consommation des laitages. Dans cette deuxième partie, nous allons nous intéresser au lien entre lait et ostéoporose…Qui n’est pas vraiment celui qu’on vous fait croire !

ÉPISODE 2 : LAIT ET OSTÉOPOROSE: UNE HISTOIRE D’AMOUR!

La menace de l’ostéoporose, liée à l’insuffisance de calcium, vous en avez sûrement entendu parler? La solution ? Les produits laitiers évidemment ! Retour sur ce grand mensonge !

Après la création de 4 groupes d’aliments en 1916 aux États-Unis (Viandes-poissons-œufs, Produits céréaliers, Fruits et légumes, Corps gras), un 5ème apparaît en 1956 sous la pression du lobby laitier : Les Laitages. Les recommandations nutritionnelles recommandent alors 3 à 4 laitages par jour. Et les autres pays suivent. Au début des années 1980, des chercheurs proches de l’industrie laitière vont populariser le concept de pic de masse osseuse et le rôle du calcium dans sa constitution, malgré que les études scientifiques menées de 1945 à 1980 aient démontré que le calcium alimentaire n’intervenait qu’accessoirement dans la santé et la solidité des os. Depuis, les campagnes pour associer ostéoporose et manque de calcium n’ont cessé alors que l’étude européenne CALEUR (Ration Alimentaire en calcium et masse osseuse) démarrée en 1995 est un fiasco. Menée dans 5 pays pour déterminer les relations entre les apports alimentaires en calcium et la constitution de la masse osseuse à l’adolescence, cette étude a comparé la masse osseuse des plus grosses consommatrices de laitages à celle des jeunes filles et des femmes qui en consomment peu ou pas du tout. Conclusion des auteurs ? « Ces résultats ne soutiennent pas l’hypothèse selon laquelle le calcium alimentaire est un déterminant du pic de masse osseuse chez les femmes européennes. L’étude n’apporte pas de preuve que les apports conseillés en calcium doivent être augmentés. »

Le professeur T. Colin Campbell, après plus de 300 études menées sur le thème de la nutrition et 40 années de recherche, affirme que les laitages ne protègent pas de l’ostéoporose. La consommation de laitages varie selon les pays. Tandis que l’Afrique et l’Asie en consomment très peu de calcium laitier, les pays d’Europe de l’Ouest, d’Amérique du Nord, l’Australie et la Nouvelle-Zélande en consomment énormément. En Chine continentale, la consommation annuelle de lait est de 10 kg contre 250 kg pour les États-Unis. Or le taux annuel de fractures du col du fémur a considérablement progressé dans tous les pays développés. Les Suédois détiennent deux records mondiaux : celui de la consommation de laitages et celui des fractures du col du fémur. Il s’agit là du « paradoxe du calcium » qui montre que plus on consomme de lait et de protéines animales et plus on a les os en mauvaise santé ! Et la croissance des fractures du col du fémur est proportionnelle à celle de la consommation des laitages comme c’est le cas par exemple à Hong-Kong qui a adopté une alimentation occidentalisée. Les gènes ne semblent pas rentrer en ligne de compte : les femmes asiatiques installées aux États-Unis ont eux aussi un taux d’ostéoporose plus élevé que celui des parents restés en Asie[1].

SURCONSOMMATION DE PRODUIT LAITIER ET ACIDIFICATION DU CORPS

La plupart des laitages sont acidifiants et stimulent les ostéoclastes et la destruction du tissu osseux car le bicarbonate de calcium des os est utilisé par l’organisme pour « tamponner » l’excès d’acide. Et en stimulant l’activité des ostéoclastes[2], les aliments acidifiants augmentent aussi secondairement celle des ostéoblastes et favorisent ainsi le remodelage osseux. Le seul Hic, c’est que nos gènes ne sont pas habitués à une telle stimulation et entraîne à moyen-long terme un épuisement précoce des cellules MSC et de leur capacité à approvisionner l’os en ostéoblaste. Cet épuisement est amplifié par les effets de l’âge et, chez les femmes, par la chute d’hormones après 50 ans.

Ostéoporose+un+arsenal+de+médicaments+se+développe0

PETITE PARENTHÈSE SUR L’INTOLÉRANCE AU LACTOSE

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Si la tolérance au lactose est plus grande chez les populations ayant une longue tradition d’élevage (Europe du Nord), 75% des habitants de la planète ne digère pas le sucre du lait appelé lactose qui, non digéré, provoque douleurs intestinales et diarrhées. Rien qu’aux États-Unis, l’Institut National du Diabète et des maladies digestives et rénales évalue à 30 à 50 millions le nombre de personnes intolérantes au lactose. En effet, après la petite enfance, l’activité de l’enzyme qui permet la dégradation du lactose en galactose et glucose, nommée lactase, diminue considérablement. Donc ne pas digérer le lait est tout à fait compréhensible ! Les effets du lactose ressemblent à ceux d’une intoxication généralisée : maux de tête, sensation de vertige, difficulté à se concentrer, troubles de la mémoire, fatigue intense, douleurs musculaires et articulaires, allergies (eczéma, sinusite, asthme…), arythmie…Le problème, c’est qu’il y a du lactose partout ! Certes, dans les laitages, mais aussi dans les produits de boulangerie, les gâteaux industriels, les chips et pommes de terre frites, pâtes, charcuterie, préparations instantanées, substitut de repas, confiserie, sodas, bière, excipient de médicament…Son pouvoir sucrant est utilisé tout comme sa capacité à fixer les arômes, absorber les pigments, son pouvoir émulsifiant…Raison de plus pour fuir l’alimentation industrielle et raffinée.

Nous poursuivrons notre enquête sur les réels bénéfices du lait pour la santé dans notre prochain article.

Alors restez connectés, suite au prochain épisode!

A bientôt!

[1] Pour aller plus loin dans l’analyse des diverses études effectuées à ce sujet, n’hésitez pas à consulter l’ouvrage Lait, Mensonge et Propagande de Thierry Souccar qui les recense.

[2] Les ostéoblastes sont les cellules qui forment l’os tandis que les ostéoclastes sont celles qui le dégradent

Crédit Photo couverture: www.soocurious.com

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