COMMENT VA VOTRE MICROBIOTE?

diete nutri energie

Vous avez sûrement entendu parler du Best-Seller de Giulia Enders, Le charme discret de l’intestin[1]. Sa visite guidée au sein de notre système digestif met en évidence le rôle fondamental de notre « deuxième cerveau » pour notre bien-être.

Les intestins contribuent à la digestion des aliments et au passage des nutriments vers le sang et sont des pièces maîtresses du système immunitaire de l’organisme sans compter qu’ils possèdent leurs propres système nerveux (le système nerveux entérique) ; vous comprenez maintenant pourquoi on les appelle notre deuxième cerveau !

système digestif chez l'homme

Si on va dans l’infiniment plus petit, on entend aussi souvent parler de la flore intestinale.  Aussi appelée microbiote intestinal, elle est composée d’environ 100 000 milliards de micro-organismes (bactéries, virus, champignons…)…Savez-vous que nous avons dix fois plus de bactéries dans nos intestins que de cellules qui composent notre corps ? Et qu’un gramme d’excréments contient plus de bactéries qu’il n’y a d’êtres humains sur terre ?! Cette communauté microbienne décompose pour nous les aliments non digestibles, alimente notre intestin en énergie, fabrique des vitamines, désagrège des toxines et des médicaments et influence notre système immunitaire. Ces bactéries sont donc de véritables alliées santé ! Véritable écosystème, notre microbiote désigne la population de microbes qui habitent nos intestins.

microbiote

Il semble évident que préserver l’équilibre de sa flore intestinale équivaut à préserver sa santé au vu du rôle fondamental de notre microbiote. Ces dernières années, la littérature scientifique n’a cessé de démontrer le rôle décisif des bactéries intestinales sur la santé. Tour à tour, les études ont mis en lumière leur influence sur le développement de diverses maladies comme l’obésité, le diabète de type 2, la dépression et même l’autisme chez la souris en tout cas. Les probiotiques pourraient d’ailleurs représenter un moyen de traitement efficace contre certaines de ces pathologies.

Et il semble tout autant évident que notre alimentation influe sur la composition de notre flore intestinale.

10154110_727874863930232_3982550982674766262_n

En 2009 déjà[2], une équipe de chercheurs avait réussi la prouesse de transformer la flore intestinale de souris en seulement une journée. Ils se sont alors demandé si cela pouvait être reproduit chez l’Homme. Pour tester cette hypothèse, ils ont recruté 10 volontaires et leur ont demandé de suivre un régime alimentaire particulier pendant cinq jours. La moitié d’entre eux devait manger uniquement des produits d’origine animale : bacon et œufs le matin, côtelettes de porc et poitrines de bœuf à midi et enfin salami et fromages pour le dîner. Les autres en revanche devaient suivre un régime végétarien composé de fibres, fruits, légumes et graines.

Les scientifiques ont collecté des échantillons fécaux avant, pendant et après l’expérience. Grâce à diverses méthodes de microbiologie, biologie moléculaire et génomique, ils ont pu analyser la composition bactérienne des prélèvements. Ils ont également étudié leur microbiome, qui correspond à l’activité de l’ensemble des gènes appartenant au microbiote intestinal.

Leurs résultats montrent que l’alimentation n’affecte pas, ou peu, la diversité des espèces bactériennes de l’intestin. En revanche, elle modifie drastiquement leurs proportions, en particulier chez les candidats mangeurs de produits d’origine animale. Après seulement quatre jours, ce groupe possédait en effet un nombre élevé de bactéries capables de tolérer les acides biliaires fabriqués en quantité importante par l’intestin pour digérer la viande. La digestion de la viande par la flore intestinale entraîne un surplus d’acides aminés et d’acides gras saturés qui suscitent une inflammation locale. L’intestin devient alors plus poreux et l’inflammation peut gagner divers endroits du corps. Dans ce milieu, des bactéries potentiellement pathogènes se développent et l’inflammation locale favorise le passage de ces bactéries dans le sang.[3]

193ea47f4ab03db0_thumb

L’activité des gènes est également influencée par la nourriture. Chez les mangeurs de viandes, les gènes codant pour les enzymes casseuses de protéines sont les plus actifs alors que les bactéries des candidats végétariens fabriquent préférentiellement des enzymes capables de digérer les glucides. « Ces deux profils d’activité génétique ressemblent beaucoup à ceux que l’on retrouve dans les microbiomes d’animaux carnivores ou herbivores, explique Lawrence David, le principal auteur de ces travaux. Le changement est très rapide puisqu’en cinq jours seulement, le profil d’un végétarien de longue date devient identique à celui d’un carnivore ! »

Ces travaux révèlent à quel point la composition de la flore intestinale peut évoluer rapidement. Dans le cadre d’une transition vers un régime plus végétal, la modification de la flore intestinale peut commencer dès les premières 24 heures ! Cette fluctuation permettrait de très vite adapter l’organisme à un nouveau régime alimentaire. « Ce phénomène peut être utilisé à notre avantage pour soigner certaines maladies influencées par la flore intestinale », conclut Lawrence David. Cependant, de nombreuses expériences sont nécessaires pour apprendre à dompter les microbes digestifs chez l’Homme et pour parvenir à utiliser l’alimentation  comme arme thérapeutique.

Une expérimentation en cours vise d’ailleurs la transplantation de microbiote fécal, qui consiste à administrer des échantillons de selles d’un individu sain à un individu malade pour rétablir une flore intestinale correcte.

les 2 crottes

Toutefois, les bénéfices attendues par cette transplantation fécale peuvent être obtenus plus simplement en adoptant une alimentation saine qui préserve une flore intestinale en bonne santé 😉

Encore une fois, il semblerait bien que la santé soit dans l’assiette!

Réale

[1] ENDERS Giulia, Le charme discret de l’intestin. Tout sur un organe mal aimé, Paris, Actes Sud, 2015

[2] Article d’Agnès Roux dans le magazine FUTURA SANTE.

[3] Se référer à l’article de DEMANGE Sébastien, « La flore intestinale des Végés se porte-t-elle mieux » ? dans le magazine Alternatives Végétarienne N°126.

Crédit Photo Couverture: Diète Nutri Énergie

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *